Pourquoi un garde-manger ?

Croyez le ou non, mais il y a encore quelques décennies il n’y avait pas de réfrigérateurs !

Les denrées périssables telles que les fruits, les légumes, la viande et autres charcuteries étaient conservées dans des meubles en bois dont les parois étaient garnies de toile métallique à mailles très fines et serrées. Ce meuble gardait les aliments à l’abri des nuisibles tout en maintenant une aération constante, nécessaire à une bonne conservation.

Cet ancêtre des réfrigérateurs actuels était, et est toujours, appelé un garde-manger. Plus traditionnellement, on parle aussi de chazière.

Oui, j’entends d’ici ce que vous allez me dire : à l’heure où tous les foyers ont un, voire deux réfrigérateurs, pourquoi un garde-manger ? Je vous explique.

On nous parle en permanence d’économie d’énergie, d'alimentation biologique, de gestion écologique, de retour aux goûts et valeurs traditionnels. Un garde-manger c’est tout ça à la fois. Impossible, me direz-vous ? Je continue.

Pourquoi des économies d’énergie ? Chaque ouverture et fermeture de votre réfrigérateur cause une perte calorifique qui est responsable à elle seule de plus de vingt trois pour cent de la consommation électrique totale de votre habitation. De plus, pour chaque portion de cent grammes d’aliments (à température ambiante) déposée dans votre réfrigérateur, vous élevez sa consommation de 1% pour les quatre prochaines heures.

D’accord, mais le goût et les valeurs nutritives ? Par habitude, tout ce que l'on achète ou produit en matière d’alimentation ou presque fini au réfrigérateur. C’est ainsi que nous dénaturons involontairement le goût de nos aliments. Le froid ralentit la maturation, et l’absence de ventilation combinée à l’entassement des produits favorisent le pourrissement par le développement de champignons. Pour couronner le tout, les modèles les plus plébiscités, à froid ventilé, assèchent quant à eux les aliments en leur ôtant définitivement toutes leurs saveurs.

Notre meilleur ennemi ? Mais en fait, le réfrigérateur, n’est-il pas une excuse, ou plutôt une solution pratique, pour stocker ce que l’on achète ? Lorsque vous rentrez du marché, qui ne s'est pas confronté à l’inévitable question du rangement. D’autant plus que tous ces fruits ont bien souvent encore besoin de maturation. Quasiment tous les légumes et condiments (haricots verts,  concombres et courgettes, ails,  échalotes, oignons,  patates douces, citrouilles) ainsi que les fruits (bananes, fruits exotiques, pastèque, pommes, abricots, avocats, kiwis, mangues, melons, nectarines, papayes, pêches, poires, prunes, tomates, ananas) et les agrumes, doivent, contrairement aux idées reçues, surtout ne pas être placés au réfrigérateur. Ils risquent de perdre leurs textures et leurs saveurs. Toujours dans cette même idée du stockage, que dire de ces inclassables que sont les sacs de pomme de terre, le pain et la moutarde.

Admettons pour l’éconnomie d’énergie, le stockage et le goût mais pourquoi parler de conservation et de nuisibles ? Qui n’a pas eu la désagréable surprise de retrouver ses fruits, que l’on conservait dans une corbeille, criblés de fourmis, moucherons, mouches et autres volants ! Et là, je ne parle que d’insectes, que dire de ces gens qui habitent à la campagne ou en limite d’un champ ? Leurs invités surprises sont quant à eux bien plus gros, et surtout plus gourmands.

Mais comment un tel miracle ? Grâce à sa structure faite de grillage et ses tiroirs faits de lattes, il autorise une très bonne ventilation des aliments, permettant ainsi d’affiner et de bonifier le fromage, de sécher la charcuterie et de conserver séparément et à plat les fruits et les légumes.

En résumé… Avant mon petit laïus, la simplicité vous ordonnait de tout mettre au réfrigérateur, après cette lecture, vous l’aurez compris, si vous ne disposez pas d’un garde manger il est grand temps pour vous d’en acquérir un !

Où peut-on le trouver ? Plusieurs solutions : le fabriquer à partir d’un meuble existant que vous allez réaffecter, le construire soit même à partir de rien ou tout simplement l’acheter. Dans le premier cas, il vous suffit de trouver chez vous ou dans une brocante l’heureux meuble candidat à cette reconversion. Il doit posséder les caractéristiques suivantes : équipé d’au moins une porte battante, sa structure doit être faite de bois et enfin vous devez être fait, vous même, d’une âme de bricoleur. Si ces conditions sont réunies, attelez vous à la tâche de découpe de votre ex-placard en une boite évidée de ses quatre faces. Une fois terminée vous n’aurez plus qu’à agrafer un grillage en lieu et place du bois que vous venez de scier.

Le grillage peut se trouver sur ce lien.
Vous pouvez aussi le fabriquer de toutes pièces. Dans ce cas les plans se trouvent ici.
Et enfin, si vous trouvez plus simple de l’acheter, vous trouverez tous les modèles possibles ici.

Pour conclure sur cet objet du passé qui n’a pas encore dit son dernier mot, je trouve, à condition de le sortir du cellier ou de la cave, qu’il peut se révéler très décoratif et donner un côté « rustique chic » à votre cuisine.

 

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